Le bas du fleuve
J'ai pas mal de retard ! Cette semaine était une semaine itinérante, j'ai eu plus de difficulté à me poser pour écrire. Voici malgré tout des nouvelles de la semaine passée. J'essaye de reprendre le rythme pour le prochain blog !
Lundi 20 juillet
En matinée je m'occupe d'abord de finir de rédiger, d'éditer, de publier mon blog. J'enchaîne avec une pause dessin-caféine chez Kujira, un petit café qui se trouve pas loin de mon logement sur Lorimier. Je crois que c'est la quatrième ou cinquième fois que j'y vais. Je remarque que j'aime bien avoir des habitudes qui se créent, c'est comme rassurant. J'apprécie aussi de découvrir des nouvelles choses, mais la familiarité me plait.
Je reçois un message de Chloé qui me dit qu'elle est dans le centre avec nos amis Arnaud et Elsa qui sont arrivés hier à Montréal. S'ensuit un jeu de piste par messages interposés où j'essaye de les rattraper pendant qu'ils continuent à avancer dans le centre-ville rempli de touristes. Je finis par parvenir à les rejoindre au Vieux-Port. Ils sont là avec leurs deux enfants Suzanne et Émile pour passer trois semaines au Québec. Le centre-ville est très différent des quartiers du Mile End ou du Plateau. Là-haut c'est des petites maisons avec trois ou six appartements, des quartiers à faible densité et dans le centre-ville c'est un peu Manhattan d'un côté et quelque chose de plus européen de l'autre. Le centre des affaires, près de la gare centrale, est composé de grands immeubles, immenses, en verre qui reflètent le soleil. Puis le Vieux-Montréal, c'est des bâtiments en pierre plus anciens moins grands. J'allais comparer ça à Namur, mais Namur représente mieux le Vieux-Québec… je ne sais pas trop à quoi comparer le Vieux-Montréal… mais on voit que ça a été fait par des colons européens.
Le long de l'eau, c'est assez contrasté. D'une part, il y a des vieux bâtiments industriels de l'ancien port : des silos, des entrepôts à l'abandon. Et puis d'autre part, c'est dédié aux activités touristiques, avec des laser games, des tyroliennes géantes, des boutiques de souvenirs. Ça, j'aime pas trop.





Il fait de nouveau très chaud et on cherche l'ombre partout où on parvient à la trouver. Ça fait quelques heures qu'ils se promènent dans le centre et le plan est de retourner pour souper chez Chloé. On s'entasse dans sa voiture : ce n'est pas si simple de rejoindre Longueuil depuis le centre-ville en transports en commun : environ une heure en métro et en bus, contre 15 minutes en voiture. Puis je reçois un message de ma mère : on s'était mal compris, elle m'attend chez Eve, la fille de Marianne, à Hochelaga, pour un petit souper.
Alors je descends de la voiture, je me trouve un Bixi, le système de vélo partagé, et je me mets en route en suivant le Saint-Laurent vers l'aval. Je roule à peu près une demi-heure. Le long de la piste cyclable, il y a des camps d'itinérants, installés dans une bande de gazon et d'arbres entre des quartiers résidentiels en pleine gentrification et la grande route qui les sépare du port industriel. Partout des tentes, des installations précaires... Je suis frappé par l'augmentation de la pauvreté à Montréal. Ça a vraiment évolué depuis la dernière fois que je suis venu, et malheureusement ça ressemble à ce qui se passe dans nos villes en Europe. Là c'est l'été donc ils peuvent camper, mais on sait que l'hiver il fait -20, -30, parfois -40…
Arrivé chez Eve, c'est un grand plaisir de se retrouver. C'est fluide, tout comme avec son frère la veille, la relation est naturelle et continue, comme si on s'était vus il y a pas longtemps. Elle et son compagnon se sont installés à Hochelaga il y a quelques années. C'est intéressant de découvrir un nouveau quartier. Je fais le retour à vélo dans la nuit tombante et j'aime y voir les enseignes et le mélange de bâtiments résidentiels et industriels.



Photos prises à vélo :)
Mardi 21 juillet
Aujourd'hui j'ai prévu d'aller voir la serre attenante à la bibliothèque de Westmount. J'ai repéré ça sur internet et ça a l'air chouette, moins fréquenté que d'autres lieux plus touristiques. En général, j'adore les ambiances de jardins botaniques. Je m'y rends en enchaînant métro et Bixi. Je m'arrête en chemin pour acheter des timbres et des enveloppes. Le préposé de la poste m'apprend que si j'envoie mon courrier tout de suite, je ne paie pas les taxes... Mais mon courrier n'est pas prêt.
Il y a un vent terrible, amplifié par l'effet corridor des immeubles. J'avance vers ce quartier plus résidentiel et anglophone, assez cossu. Je traverse un parc rempli de terrains de sport et d'écureuils. De nouveau, c'est remarquable comme chaque quartier est différent : les ambiances et les architectures changent, les bâtiments sont plus hauts ou plus bas, collectifs ou individuels, des maisons, des immeubles, des jardins entretenus ou en broussailles...
Je découvre dans la partie ancienne de la bibliothèque une petite exposition de dessin sur papier artisanal par Louise Campion. Arrivé à la serre en tant que telle, je suis un peu déçu : elle n'est pas très grande — enfin elle a l'air de l'être, mais une grande partie n'est pas accessible au public — et elle est pleine de gens qui y mangent leur lunch, passent leurs coups de fil... bref, pas le lieu où je pensais pouvoir me poser pour dessiner un peu. Je fais une petite pause dans la bibliothèque en tant que telle. Il y a une table avec un puzzle déjà entamé où les visiteur·euses s'assoient pour ajouter quelques pièces ! Apparemment c'est courant dans les bibliothèques, je trouve ça fun.
Je visite aussi le musée McCord, chouette expo sur les jeux Olympiques 76 et les restos de Montréal avec à chaque fois un angle autour du graphisme.



Mauvaises images des bonnes expos à McCord
Je fais le retour à vélo, puis je me rends à Longueuil, chez Chloé, pour y passer la soirée avec les amis. La tempête arrive, le vent souffle et il pleut fort. On passe une soirée agréable, avec ces amis que je connais depuis 25 ans. Même sentiment qu'avec Eve et Régis : on a beau ne pas se voir très souvent, le lien est intact.
Mercredi 22 juillet
Aujourd'hui Corinne arrive à Montréal, donc je vais la chercher à l'aéroport. Métro, bus, café... Je la retrouve dans la foule des voyageurs grâce à son gilet vert menthe, assorti à sa valise ! Ça fait du bien de se retrouver après si longtemps. Je pense que ce n'est que la deuxième fois en 21 ans qu'on est séparés si longtemps.
On revient dans le centre en bus et on dépose les affaires à l'appartement. On a rendez-vous pour visiter l'Atelier Circulaire. C'est un centre d'artiste comme Bang, mais davantage tourné vers la production de toutes les techniques d'impression : gravure, sérigraphie, techniques digitales, Riso. C'est intéressant de découvrir le lieu, mais la visite se passe assez rapidement. Les membres peuvent venir y imprimer sur abonnement. Il y a aussi une galerie (vide pour le moment) et quelques possibilités de résidences. L'atelier se trouve dans un grand immeuble industriel de 11 étages typique de ce quartier et le toit est accessible. On y a une vue imprenable sur la ville.






Corinne et l'Atelier Circulaire
Ensuite, on se promène dans le Mile End : on mange un bagel, spécialité locale, et on en achète pour le brunch du lendemain. J'emmène aussi Corinne chez Retailles et on y rencontre Sophie avec qui on va passer le weekend pour le salon Édition Fleuve. La journée se termine assez tranquillement, Corinne a une journée de 20h dans les jambes, on va se reposer.
Jeudi 23 juillet






J'ai reçu mes photos argentique faites à Montréal la semaine passée !
On retrouve nos amis belges à Longueuil pour un brunch. Les enfants font des parties de Super Mario Kart pendant qu'on discute. Puis Arnaud et Elsa prennent la route vers la suite de leurs aventures québécoises. Corinne et moi, on reste après leur départ et on va se promener avec Chloé. On traverse les quartiers autour de chez elle. Je suis frappé par les architectures des maisons de banlieue. Selon le niveau de richesse, les maisons grossissent ou rétrécissent, sont plus formatées ou plus personnalisées. Elle nous explique qu'un voisin a retrouvé les catalogues des promoteurs et que les plans ont des noms évocateurs des inspirations… grecques, italiennes… Cette façon d'habiter en banlieue est vraiment typique ici au Québec.
On se promène dans la forêt avoisinante, bien organisée et pleine de sentiers. Il y a un petit lac avec deux fontaines. L'une des deux est en réalité une borne incendie qui arrose les tortues qui peuplent le plan d'eau.
Fin d'après-midi, on se dirige à nouveau vers Montréal pour aller souper chez notre amie Juli Delporte. On descend du métro dans le quartier de la Petite Italie et on se balade un petit peu pour aller la retrouver — chez elle c'est dans le quartier Jarry. On traverse la Plaza Saint-Hubert : un quartier commerçant assez mixte : on y trouve des boutiques branchées comme le popup de l'artiste montréalaise Pony, des magasins kitsch de robes de mariées, des épiceries mexicaines… On passe une chouette soirée avec Juli qu'on avait pas vu depuis quelques années. Elle est illustratrice et autrice, installée à Montréal depuis de nombreuses années.
Vendredi 24 juillet
C'est une journée de transition : on range nos affaires dans l'appartement avec Corinne, puis on se met en route à pied, en métro, en bus, pour aller jusqu'à l'aéroport chercher notre voiture de location. Heureusement les amis nous avaient prévenus : c'est une quête d'arriver jusqu'aux agences de location : des couloirs, des allées, une navette de bus ! Petite frayeur : ma carte ne passe pas parce que j'ai atteint le plafond, et l'application Belfius ne fonctionne pas, ce qui ne me permet pas de régler ça. Ma carte de débit finit par être acceptée et on se met en route vers Trois-Pistoles. La prise en main de l'automatique se passe bien, mais je suis un peu désarçonné par l'inutilité de la clé de la voiture. C'est un peu plus moderne que notre Kangoo jaune modèle de base de 2012.
Le bas du fleuve, c'est pas la porte à côté, il y a beaucoup de trafic sur l'autoroute 20 à la sortie de Montréal, ça met du temps à en échapper. On avait prévu au départ de profiter un peu de la journée pour s'arrêter à droite à gauche, mais c'est pas vraiment possible sans arriver très tard, donc tant pis, on fait notre route. Il y a peu à voir le long de l'autoroute, c'est plutôt monotone. On cherche à s'arrêter pour manger un bout… c'est une succession de fast-foods. On finit dans un A&W par curiosité gastronomique dont le burger finira par donner la nausée à Corinne.
On arrive à Trois-Pistoles en début de soirée, on passe le weekend dans une maison que Julie a eue via un système d'échanges de maisons. C'est une grande maison ancienne, jolie, un peu tordue, le long du fleuve avec une vue magnifique. Comme c'est la maison de quelqu'un et pas un gîte, elle est pleine de la vie des gens. Le plancher de la cuisine est peint en jaune.





La maison et ses environs
Après cette journée de route, j'ai mal à la tête, mais ça passe après une petite sieste et un Dafalgan. On se fait un petit souper avec nos colocataires du week-end : Julie, Sophie la papetière avec qui j'ai fait un atelier le week-end passé et Judith, la maman de Sophie. Elles ont acheté un morceau de saumon géant sur la route qu'on complète avec quelques achats au IGA local. Julie est accompagnée de Snoop, son chien mascotte très mignon.
Samedi 25 juillet
C'est le début du salon Édition Fleuve dans l'église de Saint-Simon, une église au toit recouvert de peinture aluminium comme beaucoup de bâtiments ici. Saint-Simon est tellement petit qu'on nous raconte qu'il y a un jeu : prédire combien de gens on va croiser quand on traverse le village.
On arrive un peu tard parce qu'on a pris le temps, on est tous un peu en mode fatigué-relax-été. On s'est arrêtés à une mini brocante tenue par un genre de complotiste à l'entrée de Saint-Simon. Il nous accueille avec un charabia incompréhensible à base de Bruxelles / Sarkozy / C'est là qu'est l'argent. Corinne parvient à lui négocier une gomme panda vintage. Arrivé sur place, toutes les tables sont déjà prises, mais les organisateurs nous bricolent un espace last minute. L'ambiance très queer lesbienne anarchiste... au début je me demande si on a notre place. Mais les gens sont très cool. C'est un peu calme au début, et puis le monde arrive peu à peu.
On mange une « pizza punk » réalisée en conditions camping mais super bonne, on boit du café, toujours très diy, devant l'église avec des rallonges qui fonctionnent pas toujours très fort. C'est inhabituel d'être dans une église avec ce type d'événement. L'église qui a l'air de servir encore pour la messe.
On rentre direct — on ne va pas à la soirée micro ouvert parce qu'on a eu notre dose d'interaction sociale. On fait une petite soirée tranquille à la maison, en admirant un coucher de soleil de ouf.







Ambiance du festival
Dimanche 26 juillet
La suite du salon. Ça va bien, on est un peu fatigués, il y a beaucoup de monde. Au final on vend bien malgré notre petit stand qui est dans un recoin. Simon Bossé, de l'atelier Mille Putois, nous achète des livres pour vendre dans son espace à Dunham. Il est illustrateur et diffuse des zines d'un peu partout à son public local.
Après avoir rangé et remballé, on s'arrête sur le retour pour admirer un chemin de croix kitsch à base de sculptures pieuses en ciment peint.
Note photos : comme d'habitude, selon les moments, ce sont des images au téléphone, à l'appareil photo numérique ou des argentiques mais alors je le dis :)