Déjà presque bientôt la fin

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Déjà presque bientôt la fin

Ça fait quelque temps que je n'ai plus posté : je manque un petit peu de rigueur. C'est pas évident d'obtenir un blog de façon continue. Alors, plutôt qu'un rapport détaillé jour par jour, je vais essayer de relever quelques aspects intéressants des dernières semaines.

La fatigue et la (non) routine

Je me rends compte que je ne suis pas toujours en super forme. Beaucoup de rencontres, des conditions de travail différentes de celles dont j'ai d'habitude, l'expérimentation de nouveaux médiums : tout ceci n'est pas très reposant pour moi. Malgré le plaisir que j'éprouve à faire de nouvelles rencontres, des découvertes, elles me demandent beaucoup d'énergie sociale. Il y a eu beaucoup de passage dans l'appartement, ce qui demande à chaque fois de m'adapter à de nouveaux collocs.

Ça m'arrive d'avoir juste envie d'être à la maison, de retrouver les amis et la famille. J'ai hésité à le relater ici, mais je trouve ça intéressant aussi de nuancer cette expérience d'une longue résidence, loin de chez moi. Je constate une dualité : j'ai envie et besoin de nouveauté, mais j'aime aussi une certaine forme de routine ou de cadre rassurant. L'été est aussi en général un moment plus lent ou de repos pour moi, et cette année est différente… être en résidence n'est pas être en congés. L'actualité avec les incendies en France, en Ontario et puis dans les Fagnes m'a aussi beaucoup pesé. Chaque incendie semble plus proche de notre réalité, plus incontrôlable, inéluctable…

Une sortie de résidence qui se précise

Depuis le milieu du mois d'août, l'équipe du Centre Bang est rentrée de congés… Ce qui est synonyme de davantage de présence ici. Les jours où je travaille sur place, je m'installe à leur étage pour avoir des collègues, ce qui est une chouette manière de sortir un peu de l'appartement. Le retour de l'équipe a permis de commencer à travailler sur la concrétisation de ma sortie de résidence. Avec Patrick, qui est le directeur de l'institution, on réfléchit à la manière de montrer mon travail. J'ai repensé à la scénographie qu'on avait mise en place avec Benjamin Dupuis lors de Papier Carbone pour montrer les posters réalisés avec Poster Rex et les étudiants de Saint-Luc. On s'est inspiré de ce système pour construire un prototype. Ce que j'aime avec ce format, c'est qu'il évoque à la fois les panneaux publicitaires, avec un côté précaire d'échafaudage, et puis il permet de montrer les dessins dans leur multiplicité et de donner du volume à ces éléments dessinés, qui pourraient être plats s'ils étaient simplement accrochés au mur, d'en faire une sculpture. L'idée est de fabriquer 5 de ces structures, d'accrocher des dessins sur elles et d'en installer au sol. Je trouve que ça permet de montrer le côté obsédant des pensées qu'ils expriment.

Avec le retour d'Anick, nous avons pu figer les conditions de ma petite exposition : ça se fera du 10 au 12 septembre et j'aurai accès à la première salle de la galerie pour montrer le résultat de mes recherches. Outre les grands dessins (j'en ai je pense une quarantaine et je vais encore en faire quelques-uns), je vais montrer des photos. Pour ça, j'ai prévu d'aller imprimer début septembre au centre Sagamie (présenté dans un épisode précédent). Je voudrais tirer 3 images en grand, une sur un support translucide pour la mettre sur une boîte lumineuse qui est disponible ici (ce sera, je pense, celle de l'enseigne que j'ai tirée en carte postale). Les autres images seront plus petites, sur un papier épais qui permettra de les manipuler. Je commence à avoir une vision assez claire de ce que je vais pouvoir montrer et de l'organisation de la fin du séjour. Il ne reste que 2 semaines avant mon départ, ça me semble hyper court.

Dans les choses que je voudrais montrer dans l'exposition, il y a un autre projet en cours de concrétisation… Je rêve d'expérimenter depuis un moment le transfert sur céramique achetée en brocante. Il s'agit d'un procédé qui fonctionne au travers de la sérigraphie. On fabrique (ou on fait fabriquer) des décalcomanies, que l'on vient poser sur les pièces pour ensuite les repasser au four à céramique. Mon objectif à terme est de parvenir à faire ça de A à Z. Mais ici je voudrais d'abord expérimenter la pose et la cuisson. Je suis en dialogue avec des fournisseurs depuis plusieurs semaines. Il a d'abord fallu trouver ceux-ci, puis comprendre le fonctionnement (assez peu documenté) de ce type de transferts. Mon idée est de parasiter le graphisme de mugs publicitaires avec les phrases et dessins de la série que je suis en train de produire ici… pour en faire en quelque sorte un merchandising de la fin du monde. J'espère que ça sera possible, car les délais de réponse du fournisseur que j'ai choisi (qui est aux US) sont longs et je crains que la commande ne puisse se faire à temps. (entre temps, j'ai eu confirmation que les décalco devraient arriver à temps)

Toujours dans la logistique, je commence à me poser des questions sur le transport de mes pièces pour le retour. J'ai des dessins qui sont plus grands que ma valise. J'envisage plusieurs solutions : construire une caisse et la transporter en avion, expédier mes dessins par la poste, les faire ramener par Bang lors de leur voyage prévu en automne…

Se fournir ici

Écrire à propos de la préparation de l'expo me fait penser qu'une des difficultés que j'ai pu expérimenter ici concerne l'approvisionnement en matières premières. Tout est plus compliqué : d'une part parce qu'on est dans une petite ville et que les magasins locaux ont un choix limité. En Belgique, on est au coeur de l'Europe, on a accès à plein de choses qui sont relativement faciles à se faire livrer — impossible ici, à part pour ce qui vient des US. Et puis en Belgique, avec le temps, j'ai consolidé mon carnet d'adresses de fournisseurs — un réseau que je n'ai pas ici.

Par exemple, le papier sur lequel je dessine, j'ai trouvé du Fedrigoni qui me convient et qui ne bouge pas à l'encre de chine, dans la boutique de matériel de Beaux-Arts locale Desserre. Il y avait une vingtaine de feuilles de disponibles. Je les ai toutes achetées. Et une fois le stock épuisé, je me suis renseigné. On ne connaît pas la date de réapprovisionnement (peut-être en octobre). On ne sait pas en faire venir depuis les autres magasins (c'est une chaîne à travers le Canada). Alors j'ai décidé d'en commander en ligne parce qu'il m'avait semblé trouver la référence sur leur site. Ça engendre des frais de livraison. J'ai pu obtenir neuf feuilles (c'est tout ce qu'il y avait comme stock)… quand elles sont arrivées, elles étaient abîmées à cause du transport et ce n'était pas la bonne référence.

Autre exemple : impossible de commander avec ma carte belge chez un fournisseur de film photo. Réponse du service client : non ce n'est pas possible de payer avec une carte Européenne et pas possible de payer autrement. Bref ces tracas font que parfois se fournir prend un temps important (et que j'ai plus d'une fois commandé chez Amazon que je déteste et qui a un délai d'environ 7 à 10 jours ici).

Corinne, Charlevoix, les amis

À côté de ces préparatifs, Corinne est repartie cette semaine, donc le rythme a été différent. On a pris du temps pour se promener un peu. Pas toujours évident pour moi de concilier travail et mode vacances.

Pour l'anniversaire de Corinne, on a fait un long weekend dans Charlevoix chez Karine et Berthier qui était très chouette. Ils sont vraiment devenus des bons amis que j'étais ravi de retrouver. C'est une rencontre précieuse et j'aime que le temps long de cet été permette de l'approfondir. Je m'étais organisé avec le papa de Berthier, qui a une tiny house sur son terrain, pour que l'on puisse passer quelques jours proches d'eux sans trop les envahir non plus. Notre amie Camille Nicolle nous a rejoints et on a profité de ces quelques jours pour se promener, ramasser les premières chanterelles, se baigner dans les rivières, rigoler, explorer les alentours, cuisiner et manger tous ensemble.

Être là-bas, dans la nature, permet de mesurer combien l'été est avancé et l'automne se rapproche. Un jour il fait magnifique et on se baigne dans les rivières, le lendemain il fait gris et presque froid. On voit aussi les journées se raccourcir. Tout ça renforce ce sentiment de fin de résidence... mais il reste encore quelques semaines d'aventures Saguenéennes !

Si vous en avez l'envie, Daisy Vansteene du BPS22 a écrit un très chouette texte sur ma résidence. Il est disponible ici !

J'ai aussi mis en page un fanzine qui sera disponible lors de l'exposition, je le mets en preview ici quelques jours !